Acheter des parts de SCPI : qui y a vraiment accès ?

Oubliez la carte d’accès universelle : pour les parts de SCPI, la porte n’est pas grande ouverte à tous. L’idée selon laquelle il suffirait de quelques clics pour poser un pied dans la pierre collective ne tient pas longtemps face à la réalité des tickets d’entrée, parfois relevés, souvent filtrants. Alors, qui peut vraiment prétendre à ce placement ? Et derrière les initiales SCPI, qu’est-ce qui se cache concrètement ?

La définition et les différents types de SCPI

Lorsqu’on envisage d’investir dans l’immobilier, deux routes se dessinent. La première : acheter un bien, puis le louer. La seconde : s’orienter vers une structure qui mutualise les investissements, la fameuse SCPI. Avec elle, pas de gestion locative à assumer soi-même, pas de chasse à la bonne affaire. La SCPI, pour Société Civile de Placement Immobilier, prend en main la sélection et l’administration d’un portefeuille de biens, bureaux, entrepôts, logements, et vous en propose des parts.

En pratique, on distingue deux catégories principales de SCPI :

  • Les SCPI de rendement, qui se concentrent sur les locaux professionnels : bureaux, entrepôts, espaces commerciaux. Ces véhicules visent à générer des revenus réguliers issus de loyers versés par des entreprises.
  • Les SCPI résidentielles, orientées vers la location d’immeubles d’habitation, de logements familiaux ou étudiants. Ici, on cherche à capitaliser sur la stabilité de la demande résidentielle.

La SCPI, en mutualisant les mises, rend accessible une diversification immobilière autrement réservée aux investisseurs les plus fortunés. En prime, elle permet de bénéficier d’une fiscalité parfois allégée selon la structure choisie. Les parts ne s’achètent toutefois pas n’importe où, ni n’importe comment : le marché secondaire existe, mais il faut pouvoir aligner le montant requis pour franchir la barrière d’entrée.

Les personnes pouvant se permettre des parts de SCPI

À qui s’adresse vraiment la SCPI ? La réponse est moins exclusive qu’on ne l’imagine. Que l’on soit seul, en couple, jeune ou senior, particulier ou représentant d’une société, il est possible d’acquérir des parts, pourvu que l’on réside en France. Les personnes morales, comme les associations, les fondations ou les entreprises, peuvent aussi se positionner sur ce marché.

Mais il existe des limites, dictées parfois par la législation internationale. Par exemple, certains actifs de SCPI gérés par BNP Paribas REIM France restent inaccessibles depuis les États-Unis. La réglementation américaine, plus précisément la « Régulation S » issue de l’Act de 1933, interdit la cession de ces parts à toute personne relevant de la citoyenneté américaine, même à titre de don ou d’héritage. La Securities and Exchange Commission veille à l’application stricte de ces règles.

La SCPI reste donc ouverte à tous ceux qui peuvent répondre aux exigences financières et administratives, et dont la résidence fiscale se situe sur le territoire français. Particulier ou institution, jeune épargnant ou entreprise aguerrie, chacun peut envisager sa place dans ce placement collectif, à condition de respecter le cadre posé par la réglementation.

Au final, s’ouvrir la porte d’une SCPI, c’est accepter les règles du jeu et savoir jusqu’où l’on peut s’installer à la table. La pierre partagée ne s’offre pas à l’aveugle, mais à qui sait mesurer l’enjeu. Reste à décider si l’on souhaite, ou non, entrer dans la danse.

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